Y a-t-il trop de brasseries artisanales en France?
Auteur : Emmanuel Gillard - Publié le 20 février 2017

En effet, face à une courbe de croissance exponentielle du nombre de brasseries et à la multiplication des lieux de production proches les uns des autres (voir deux articles précédents sur ce sujet parus dans Projet Amertume), il est légitime de se poser la question.

Ma position a toujours été qu'il n'y a pas de réelle concurrence géographique pour des brasseries dont la grande majorité se situe en-dessous de 1000 hectolitres de production par an. Cela n'étonne personne de trouver plusieurs boulangeries dans une même ville, alors pourquoi en serait-il différemment pour le pain liquide?

Pour étayer ces propos d'une manière plus argumentée, j'ai de nouveau utilisé les données présentes dans Projet Amertume. J'ai tout d'abord calculé le nombre d'ouvertures de brasseries chaque année depuis 2000.

De la même manière, j'ai défini l'évolution du nombre de fermetures annuelles depuis 2000.

Il est facile de constater que ces deux courbes présentent une tendance exponentielle. Ceci est facilement expliqué par le fait qu'un plus grand nombre de brasseries entraine forcément un plus grand nombre de fermetures.

Supposons qu'en une année on observe 100 ouvertures pour 20 fermetures, et que l'année suivante, on dénombre 200 ouvertures pour 40 fermetures, on peut en déduire que l'état de santé du secteur brassicole est stable, puisque le rapport entre le nombre d'ouvertures et de fermetures reste constant à une valeur de 5.

L'évolution du ratio entre le nombre d'ouvertures annuelles et le nombre de fermetures annuelles est donc un indicateur intéressant pour mesurer l'état de santé du secteur. Une sorte d'indice de confiance dont j'ai tracé la courbe.

Et il est facile de constater que la courbe de tendance de ce ratio (en couleur noire) évolue positivement, passant d'une valeur de 3 à 5,6 en quelques années. Ce qui revient à dire que l'on crée en moyenne près 6 fois plus de brasseries qu'il n'en ferme.

En synthèse, il ne semble pas que la concurrence liée à la multiplication des brasseries soit la cause de la fermeture de certaines unités de production. Le ratio entre ouvertures et fermetures reste en effet sur une tendance positive.